🔝 Coronabonds: un test de solidarité européen – L'économie – Taux Attractif

By | mars 25, 2020



















Contre la crise, les ministres des finances de la zone euro se sont réunis mardi soir pour discuter de l'activation du mécanisme européen de stabilité (MES). Un certain nombre de problèmes doivent être résolus concernant le déblocage des lignes de crédit des pays en difficulté. A plus long terme, la question des euro-obligations revient, mais vous relancez les lignes de faille de l'Europe. Les chefs d'État et de gouvernement en parleront lors du Conseil européen de jeudi.

L'horloge H frappe l'Europe. La crise des coronavirus est un nouveau test grandeur nature de la force de la zone euro et de l'engagement de ses membres à assurer sa durabilité. Au début de l'épidémie de Covid-19, la solidarité est mise à l'épreuve d'un point de vue sanitaire, économique et financier. Les coûts d'une pandémie seront énormes sur le plan humanitaire et économique sur le vieux continent, déjà en récession.

«Le risque d'épidémie est partagé par tous, et dans de telles circonstances, il serait absurde de cofinancer la riposte», explique les économistes d'Oddo BHF. Ce serait une révolution. Jusqu'à présent, l'Allemagne et les pays de la Ligue hanséatique (Pays-Bas, Finlande, Irlande et États baltes) ont toujours refusé de s'engager dans la solidarité budgétaire.

L'Europe s'est néanmoins mobilisée. Au premier plan, la Banque centrale européenne a joué son rôle pour soulager la pression sur les maillons faibles, actuellement en Italie. La BCE gère un programme de rachat de dette de 1,1 billion d'euros, soit 9% du PIB de la zone euro. Et il se dit prêt à réviser certaines de ses règles pour atténuer les risques financiers associés à la crise. "Il n'y a pas de frontières", a tweeté la présidente Christine Lagarde.

Corsets. Le Comité de Bruxelles a également joué son rôle en dynamitant le corset du Pacte de stabilité. Si vous sautez la règle des 3%, les États de la zone euro pourront engager toutes les ressources nécessaires pour faire face à la crise, "équivalente à la Grande Récession de 1929", estime Bruno Le Maire.

Par conséquent, on peut attendre plus de l'Europe aujourd'hui. Le moment est venu pour ses membres de choisir entre jouer la carte de la solidarité et aller de l'avant en tant que réponse commune pour soutenir les pays en difficulté, ou laisser le projet européen s'effondrer.

Ce fut la première et la plus importante question politique au centre de la réunion des ministres des finances de la zone euro mardi soir et sera de nouveau discutée au Conseil européen jeudi.

La zone euro peut activer le mécanisme européen de stabilité. Né en 2012, le MES dispose d'une forte capacité de prêt (aujourd'hui 410 milliards d'euros) et peut générer de l'argent supplémentaire dans les meilleures conditions des marchés financiers. Il pourrait rapidement mobiliser une puissance de frappe suffisante pour réconforter les États aux prises avec l'effondrement économique. Le seul inconvénient, et sa taille, est que ce mécanisme est conçu pour aider un seul pays à effectuer des ajustements structurels, comme l'ont demandé la Grèce et Chypre.

De nombreux problèmes restent à résoudre. Le MES est-il susceptible de débloquer la ligne de crédit dans tous les pays ou seulement dans quelques pays? Quelles sont les conditions d'octroi de l'aide? Il semble évident qu'on ne peut pas demander d'aide à l'Italie.

"Plus les conditions sont simples, moins le mécanisme fera de discrimination entre tel ou tel pays, et plus la mise en œuvre est rapide, mieux c'est", insiste Bruno Le Maire. Votre partenaire allemand partage-t-il cette opinion? Le conseil d'administration du MES est composé des ministres des finances de la zone euro, dont l'approbation est essentielle pour toute décision importante.

Tabuk. A plus long terme, peut-on émettre une dette commune, les fameux "Eurobonds" qui ont divisé le français et l'allemand depuis la crise de la zone euro en 2012? Ceci est l'autre sujet principal. «Chaque référence a explosé, les tabous tombent. Cette étape importante de la construction européenne ne doit pas être manquée. Nous devons le faire maintenant », explique l'économiste de la photo, Frédérik Ducrozet.

Les choses semblent traverser le Rhin. Lors de la réunion du Conseil européen de la semaine dernière, Angela Merkel semblait un peu moins fermée. "Je vais parler à Olaf Scholz [ministre des Finances] pour que la partie allemande puisse participer [cette discussion] "a déclaré la chancelière, selon Bloomberg et Reuters.

La tribune de sept économistes allemands exigeant une "caution" de 1 000 milliards de dollars a provoqué beaucoup de bruit sur le Rhin. "L'Europe doit s'unir dans cette crise financière. Les forts doivent aider les moins forts. C'est le moment de vérité pour une Europe qui prétend si souvent être une communauté de destin", écrivent-ils. "Attirer un engagement commun est également un projet politique", a déclaré Gabriel Felbermayr, directeur de l'IFW Kiel Institute, dans un communiqué.

"Les gouvernements de la zone euro devraient envisager d'émettre des" chaînes "pour éviter une nouvelle crise de la dette souveraine", a déclaré Carlos Costa, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque de Francfort.

Cependant, les négociations n'en sont qu'à leurs débuts. Les coronabonds "font l'objet de débats profonds et d'interprétations divergentes. Donnons-nous du temps", a admis mardi Bruno Le Maire.

Symbole de la fracture franco-allemande: quand Emmanuel Macron déclare à Paris que "l'Etat paie pour tout", à Berlin, le ministre de l'Economie Peter Altmaier promet "à la fin de la crise" […], nous reviendrons dès que possible sur des politiques d'austérité et une politique budgétaire équilibrée. "Comme l'a dit François Hollande en 2012 à propos des euro-obligations," la France doit encore être convaincue du leadership ".

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